 Une idée saugrenue m'est venue il y a quelques semaines : que pensent donc les chroniqueurs de metal ? Ils sont là à chroniquer, à interviewer, ils parlent en fin de compte d'eux-mêmes sans le savoir. C'était donc une bonne raison de les questionner, eux, qui participent à rendre visibles et audibles les groupes que l'on écoute. Bien du monde a répondu à l'appel ! Ainsi, voici dans l'ordre des réponses reçues, Gabsk de Nihilistic Holocaust, Chris de Thrashocore, Jim de Putrefactive Effect Zine (papier), Venom de Bells of Armageddon, Prince de Lu de Violent Solutions, Oliiv de Foedus Aeternus Zine (papier) et Alexis d'U-Zine. Des réponses contrastées !
Guudrath : Hey les gars ! Merci d'avoir bien voulu vous prêter au jeu pour notre petit webzine underground ! J'écoute actuellement F.O.A.D des Darkthrone, dont je suis un inconditionnel. Pour moi, cet album surpasse The Cult is Alive et me conforte dans l'idée que définitivement, Darkthrone n'est plus dans le Black Metal, mais s'est forgé une nouvelle identité. Personnellement, j'adore. Quel est votre avis, rapidement, sur ce skeud ?
Gabsk : J’en ai rien à foutre !
Chris : Salut. Merci à toi d’avoir eu cette initiative, ça fait toujours plaisir de parler un peu de soi... Tu me demandes même pas de me présenter, tu me parles d’office de Darkthrone ? T’es cash comme mec toi ! Surtout que Darkthrone très franchement c’est pas ma tasse de thé, ni ma canette de bière, je suis plus fan de tout ce qui blastouille grassement de façon général, plutôt que les pseudos ambiances méphitiques à base de prod’ underground... Mais pour en revenir à Darkthrone, je te renvoie à la chronique de F.O.A.D. qu’a superbement rédigée Krow sur Thrashocore, car j’ai le même avis. Et oui on est solidaires chez nous, on a tous le même avis sur tout. D’ailleurs la grève c’est mal et la guerre on est pour (je vous laisse trouver qui a cautionné initialement ces idées).
Jim : Salut Guudrath, merci à toi d’avoir choisi mon minuscule torche-cul putride pour ton interview. Houlà, Darkthrone, ça fait un moment que je ne suis plus trop le groupe. J’ai leurs quatre premiers albums mais celui que je préfère c’est Soulside quand il jouait du death metal !!! Tiens je vais me le passer, y’a pas de raison ! J’ai maté leur DVD qu’on m’a prêté récemment et je me suis bien fait chier mis à part les quelques extraits live et les répètes. Ils font leur truc, je n’ai pas vraiment d’avis, je m’en fous.
Venom : Je ne le connais pas, pour la simple raison que je n'ai pas voulu poursuivre après The cult is alive. J'ai néanmoins écouté le EP, qui m'a conforté dans l'idée qu'il fallait que je fasse l'impasse sur cet album. Néanmoins, je respecte la démarche du groupe.
Prince de Lu : Je respecte la première période de Darkthrone, mais leur coming-out heavy/punk récent ne m'intéresse pas une seconde. Je pense que les auditeurs alléchés, qui adulent ce groupe pour de mauvaises raisons parfois, feraient mieux de se pencher sur les nombreuses références que cite Fenriz plutôt que sur sa musique actuelle qui n'en est que l'ombre. Voilà vraiment un personnage avec qui j'aimerais converser une soirée entière, tellement j'ai du mal à comprendre la gestion de son duo.
Oliiv : Salut à toi et merci de m’accorder un peu d’espace virtuel pour me laisser déballer mes âneries. FOAD, tout est dans le titre, non ? Je pense que Darkthrone a atteint un point où il serait risqué de s’obstiner à ressasser les mêmes riffs éternellement, surtout que d’autres le font déjà pour eux. Depuis quelques albums Darkthrone s’essaie à de « nouvelles choses » et je trouve que le rendu est suffisamment convaincant. Ce virage n’est d’ailleurs pas si étonnant connaissant la passion de Fenriz pour le vieux Heavy, c’était presque inévitable si on réfléchit bien. D’un autre côté, ils n’ont plus rien à prouver, ils ont pondu des classiques du Metal, aujourd’hui ils ont décidé de voir ailleurs, je ne les perçois pas pour des vendus pour autant. Je tiens à rassurer les puristes, je ne range plus ça dans le Black, et j’ai la certitude qu’ils ont bien fait de continuer sous ce nom, après tout l’attitude est dans la continuité. Du moment que Fenriz ne nous ressort plus une de ses affreuses compilations pour chanter Noël, moi ça me convient.
Alexis : Pour être franc, je dois avouer que je n’ai jamais été un grand fan de black. A la première approche, le chant criard m’inspirait beaucoup moins que le chant guttural (ou tout du moins grave). Ensuite musicalement parlant, je trouve le black métal relativement peu recherché (sauf exception) et met en avant plus les sentiments que l’originalité qui est pour moi l’un des éléments les plus importants. Mais il faut parfois se faire violence pour apprécier un style... Et encore une fois, « l’esprit » black métal ne m’attire pas du tout ce qui fait qu’au bout du compte, je ne me suis jamais penché réellement sur le black (je sais que ça peut paraître honteux pour certains mais c’est comme ça...).
G : Bon, on est là pour parler chroniques et chroniqueurs ! D'où venez-vous, depuis quand écoutez-vous du metal en général, depuis quand chroniquez-vous et quel est votre style de prédilection ? Et puis, sur quel zine écrivez-vous actuellement ?
Gabsk : J’ai pas déjà répondu à cette même question, dans une autre interview pour ce même zine, il y a un an à environ la même période ? (NdG : bah oui, mais tu es une STAR !!! ) Rrrrooo, je n’ai que 27 ans mais je me sens déjà vieux soudainement... Père Goudrath, Sonnez les matines, Sonnez les matines ! Ding ding dong! Ding ding dong ! Donc j’écoute du métal depuis 1994, après avoir découvert le Hard dans les 33 tours de mon père, puis rapidement être passé au Death metal avec Death, Morbid Angel et quelques autres... Je chronique depuis que j’ai 15 ans, dans un super fanzine de merde qui servait plus de prétexte à passer le temps et à faire des dessins (inutile de chercher, seulement 3-4 exemplaires de chaque ont circulé), il y avait quelques chros, mais vu mon expérience musicale de l’époque c’était... nul ! J’ai vraiment commencé à chroniquer en 1997 quand j’ai créé Nihilistic Holocaust en zine papier... C’était pas encore terrible, mais je commençais à mieux maîtriser le style, l’anglais et je me remuais pour écouter des tonnes de groupes via le tape trading... Voilà. Mon style de prédilection se situe entre le Death Metal old school et le vieux Brutal Death, j’aime pas trop les trucs de Death trop modernes ou mélodiques. Je chronique actuellement sur mon zine, seul comme un grand... Je fais ce que je veux, y’a personne pour m’emmerder, c’est cool ! Sauf que quand le rythme ralentit trop, je suis bien obligé de m’autobotter le cul, là ça fait mal... J’ai peur de ces moments là, je deviens trop violent avec les feignasses. Ah Ah!
Chris : Ha nous y voilà ! C’est maintenant que je peux publier un extrait de mon autobiographie c’est ça ? Bon alors perso je viens de Lyon, c’est moi qui ai créé le site en 99, qui n’était au départ qu’une simple page perso traitant de mes groupes favoris... ayant quelques visites et mails encourageants, je me suis aux chroniques et de fil en aiguille on m’a envoyé des autoprods, le site a attiré des chroniqueurs... et le chamboulement est arrivé avec Dead, notre Geek Master, qui a bâti avec l’aide du défunt webzine Son of Wotan, la superbe interface graphique et fonctionnelle que vous pouvez contemplez en nous visitant ! Perso j’écoute du métal depuis mes 14 ans, depuis 97, cela fait donc un paquet de temps... On essaye de chroniquer tout ce qui nous fait envie, avec une prédilection pour les ziks extrêmes, death, black... mais on chronique aussi du heavy, du thrash (heureusement !), et on a un fanatique de gothique. Et pour répondre à ta dernière question, j’ai engagé contractuellement tous les chroniqueurs à ne travailler que sur Thrashocore jusqu’à la fin de leurs jours. Ca s’appelle une démocratie totalitaire.
Jim : D’où je viens ? D’un trou paumé de la Charente où personne m’emmerde (d’ailleurs je vais peut-être faire la suite du DVD de Nocturno Culto, The Misanthrope 2. Faut que je me trouve une caisse à traîner). Aller je vais être sérieux un peu. Alors j’écoute de la zic depuis un peu plus de 15 ans, j’ai commencé par du rock/hard rock (GN’R, AC/DC, Mötley Crüe, ...) comme tout le monde je crois. A part certains merdeux qui te feront croire qu’ils écoutaient Burzum à 8 ans, mais bon c’est un autre débat. Ensuite je suis passé au Heavy (Iron Maiden) puis des trucs plus puissants (Pantera, Slayer, ...) et après les trucs extrêmes à la Deicide, Carcass, Brutal Truth, Morbid Angel, etc. A partir de là je me suis mis à rechercher tous les albums de ces groupes. Mon style de prédilection comme tu dois t’en douter c’est le Death Metal. C’est fin 2005, à moitié torché, je me suis dit : « et si je faisais un zine » ! J’ai écrit des chroniques, fait des interviews, des live reports pour sortir le premier numéro de Putrefactive Effect début 2006 avec ses nombreux défauts, moitié anglais, moitié français.
Venom : Je suis de la région parisienne. J'écoute du metal depuis 1978 (mon premier album acheté : Love gun de Kiss). Comme Bells of Armageddon a un an, on peut dire que je chronique depuis un an. Mon style de prédilection est le metal extrême en général : thrash, death, black. J'aime bien aussi chroniquer les vieux disques de hard rock et de heavy metal, ainsi que de punk qui ont marqué mon enfance et ma toute jeune adolescence. Je chronique uniquement sur Bells.
PdL : Houla, comment faire simple... J'ai le parcours classique d'une personne qui a découvert le métal au fil des rencontres et des magazines, n'ayant personne dans mon entourage qui en écoute. J'ai commencé par le hard rock vers 1988, avant de passer au thrash. Puis j'ai découvert le death avec Masters of Brutality, l'illumination avec Morbid Angel, Carcass, Sepultura et surtout Death à cette époque. Death floridien et suédois principalement. Ensuite le black via une connaissance qui m'a refilé Vempire de Cradle. De là, j'ai compris que je tenais la musique que je cherchais : extrême, malsaine et gorgée d'atmosphères. Avide de références, j'ai ensuite enchaîné sur Satyricon, Emperor, Samael en me fiant aux publicités et avis données principalement dans Metallian (à l'époque, on pouvait s'y fier quand on avait capté la combine. Mais j'avais acheté Evol avant de pouvoir comprendre !). Cette saine lecture et l'écoute des premières compils m'ont amené à d'autres splendeurs. J'ai surtout écumé la scène scandinave dans des styles très variés, souvent en commandant dans les VPC des groupes dont je tenais le nom grâce à la "thanks list" dans un album que j'avais aimé. Cette méthode m'a permis de découvrir beaucoup de choses, dont de belles merdes ! Internet m'a permis d'agrandir mon horizon musical et de faire de nouvelles rencontres. Petit à petit, j'ai abandonné le death avec la course à l'armement et au plus rapide initiée au début du nouveau millénaire, même si je reste inconditionnel de certains vieux groupes. Maintenant, à quelques exceptions dans de nombreux styles, j'écoute exclusivement du black et assimilés, du folk métal et du folk européen. A la rentrée 2004, un ami qui chroniquait pour VS m'a indiqué que Greg cherchait un nouveau chroniqueur de Black pour aider l'équipe en place. Je n'avais jamais fait ça. J'ai donc fait un essai et Greg n'a pas encore osé me foutre à la porte aujourd'hui. A la différence de Darkmag, VS est un webzine plus généraliste, qui parle de l'actualité dans le métal au sens large. L'équipe en place traite de nombreux styles, en mélangeant les chroniques des promos et celles de nos achats du moment. Comme tu le sais, il est difficile de trouver des gens qui peuvent consacrer autant de temps à faire ce taf. Et comme tout le monde, nous cherchons constamment des plumes pour parler de différents styles. J'ai également réussi à m'infiltrer dans la rédaction de la dernière mouture de Hard Rock Magazine. Rédiger dans un magazine papier est un exercice très différent et intéressant. C'est très cadré, mais ça a un côté fun qui me plait bien aussi. Et le rédac-chef Sven est cool et me laisse glisser des chroniques perso.
Oliiv : Depuis quand ? Ça me fait sourire. A cette question beaucoup de gens ont souvent un chiffre bien précis à communiquer comme s’il fêtait le jour de leur anniversaire. Je crois que ma rencontre improbable avec le gros son remonte au début des années 90, je ne suis plus sûr à vrai dire, j’étais au collège à ce moment-là, c’est la seule certitude. Je crois que c’est là qu’Iron Maiden a débarqué, et c’est toujours LE truc aujourd’hui, tu aurais dû me demander pour l’épitaphe par la même occasion, je t’aurais répondu Strange World comme titre, représente-toi la scène avec toute une chiée de corbeaux autour du cortège funèbre comme dans un film d’Hitchcock. Je pense que le Death Metal est le style où j’en connais le plus, également le Thrash, mon côté bermuda et skate-board sans doute. J’écris pour Foedus Aeternus, il y a également deux autres personnes, ceux qui lisent FAZ sauront démasquer ces sales pervers. Je ne suis donc qu’à un tiers représentatif du zine dans cette interview.
Alexis : Je suis de Paris, j’écoute du métal depuis un peu plus de six ans (je m’y suis mis tardivement), je chronique sur U-zine depuis 2004 (enfin avant j’écrivais sur un autre site, un fansite). Pour mon genre de prédilection, je dirais sans hésiter le death métal mais je me rend compte que je reste assez ouvert à tout ce qui est un peu expérimental, technique, diversifié, mélancolique, ...
G : Vous avez des prédictions sur votre top 5-10 pour 2007 ?
Gabsk : Non, je n’écoute pas spécialement les derniers albums sortis, j’écoute plus des démos, et des trucs qui datent de toutes périodes, voir « tous » styles de musique... Donc ton top 5 tu te le mettras bien profond dans le ***BIP***. Disons pour rester poli, courtois et sociable, que les albums de Death Metal sortis en 2007 que j’ai pu écouter ne m’ont pas particulièrement retourné, d’autant plus que j’ai parfois besoin de temps pour avoir un déclic, il y a trop de musique partout pour pouvoir bien tout écouter comme il faut, donc je n’ai pas d’avis particulier pour l’instant. Mais bon, on en reparleras dans 5 ou 10 ans, au moins le recul sera là, et tu devrais encore être là également (Comment ça non ??! On est pas bien dans le souterrain ?).
Chris : J’ai l’impression que 2007 a été une moins bonne cuvée que les années précédentes, mais bon y’a eu du lourd qui a déboulé quand même. A l’arrache et de mémoire mes coups de cœur seront sans doute With Passion, Moonsorrow, Naglfar, et Odious Mortem... entre autres.
Jim : Sans ordre de préférence : Nerlich – Defabricating process, Inveracity – Extermination of millions, Bloody Sign – Explosion of elements, Impurity – Of lust and war, Nominon – Terra necrosis, Headhunter DC / Sanctifier – ...in deathmetallic brotherhood, Godless Rising – Battle lords, Abscess – Horror hammer, Diskord – Doomscapes, Obliteration – Perpetual decay. Y’en aurait plein d’autres mais on va s’arrêter là !
Venom : Cette année, je n'ai qu'un top 1 : Finis Gloria Dei : Goat : Father of the New Flesh.
PdL : Oui, j'ai déjà pas mal de choses en tête. Mais pour savoir, il faudra passer sur VS pour lire le dossier en décembre. Il y aura du Shining et du Slavia dedans, c'est tout ce que je dévoile.
Oliiv : 2006-2007 plutôt, je me base sur les albums chroniqués pour le précédent et le prochain numéro: Portal – Outre, Necros Christos – Triune Impurity Rites, Deiphago – Satanik Eon, Hirax – Assassins of War, Ares Kingdom – Return to dust, Ghoul – Splatterthrash. Un cran en-dessous : Peste Noire – Folfuck folies, Vassafor – S/T, Death Breath – Stinking up the night, Nox – Ixaxaar. J’attends le dernier Nifelheim, ainsi que le dernier Anal Vomit, on verra bien si ceux-là peuvent entrer dans la danse ou non. Maintenant comme je n’ai qu’une vie, et pas assez de recul sur l’année en cours, cela risque de changer dans quelques mois, années.
Alexis : Je viens de commander 4 CDs de 2007 il y a quelques jours qui seront peut-être dans mon top 10, mais sinon je dirais : Between The Buried And Me - Colors, Psyopus - Our Puzzling Encounters Considered, Hollow Corp. - Cloister of Radiance, Cephalic Carnage - Xenosapien, Pelican - City of Echoes, War From A Harlots Mouth - Transmetropolitan, The Destiny Program - Subversive Blueprint, Sybreed - Antares, Kronos - The Hellenic Terror, Behemoth - The Apostasy.
G : Bon, fini de déconner ! Allons dans les questions précises. Une première, tout conne, mais vous me direz, avec le recul des années... Pourquoi chroniquez-vous ? J'imagine que vous avez dû, comme moi, vouloir abandonner plusieurs fois, non ?
Gabsk : Oui j’abandonne souvent... Mais je m’y remets également souvent, donc ça roule... Faudrait peut-être plutôt dire que je mets ça de côté, et que je n’y pense plus du tout (consciemment du moins) et que de temps en temps des chroniques presque terminées sortent :-) Le pourquoi de la chronique a de nombreuses réponses : d’abord simplement l’envie de chroniquer, ensuite soutenir des groupes cools, passer le temps (aussi...), faire de la critique, espérer remettre un peu de réalisme ou plutôt de justesse dans un souterrain où les culs sont bien propres (lol) et pas mal d’autres raisons qui montrent le bout de leur nez suivant l’humeur du moment... C’est bien connu, la diversité fait la force, donc toutes raisons et motivations sont bienvenues pour continuer.
Chris : Pas vraiment abandonner, y’a des périodes de relâche, ou je chronique moins car ma « vraie vie » prend le dessus, ou juste que j’en ai moins envie. Mais au final ça revient toujours, on a quelques promos qui traînent et on fait tout d’un coup... je chronique avant tout pour moi, ça a été un grand débat entre nous en interne d’ailleurs, perso je ne chronique vraiment pas pour la gloire même si un petit commentaire fait toujours plaisir, mais un promo je le fais car on s’est engagé moralement (sauf promo pourri ou démotivant), et un skeud « culte » c’est pour qu’il apparaisse dans notre base de données... une vraie âme de philanthrope quoi ! Je pense qu’on partage à peu près tous la même vision avec l’équipe...
Jim : Je voulais faire mon truc, chroniquer/interviewer des groupes peu ou pas connus, donner aux gens envie d’écouter des trucs que personnellement je trouve excellents. Pour l’instant je sais toujours pas si ça marche donc je continue. Abandonner... Peut-être, des fois tu écoutes le truc, tu trouves ça bien mais tu n’arrives pas trouver les mots pour le décrire. En plus, vu que j’écris les chroniques en anglais c’est parfois difficile de ne pas se répéter ou de trouver des formules qui en jettent.
Venom : Je chronique dans le seul but de faire partager ma passion.
PdL : D'abord, je chronique parce que ça me plait d'amener de l'info et de partager avec d'autres dans une discussion. Je suis très loin de tout savoir et mes avis restent aussi subjectifs que ceux des autres, mais je repense à ces lecteurs qui cherchent des avis comme moi il y a vingt ans. Sur VS, je peux donner mon avis en l'étayant et sans hypocrisie. Je sais que les lecteurs pourront réagir dans l'espace de commentaires et lancer une discussion sur le sujet de la chronique. Passer du temps à écouter, à s'imprégner d'un album, pour le proposer et créer une discussion est une démarche que je trouve intéressante. Comme j'ai pu l'être étant petit avec HRM, j'ose rêver d'accrocher quelques lecteurs avec une chronique. Et dans le cas de HRM, n'oublions pas que beaucoup de lecteurs n'utilisent pas Internet et y cherchent des références. L'abandon est une pensée obligatoire sur le long terme ; on a tous des moments de blues, de lassitude. Et encore sur Darkmag, vous n'avez pas des gros cons qui postent des commentaires débiles juste en-dessous d'un texte que vous avez mitonné avec amour. C'est la contrepartie de donner une tribune d'expression aux lecteurs, l'avantage étant les échanges fructueux dont j'ai parlés. Donc, oui, j'ai pensé abandonner, mais je me marre trop pour ça.
Oliiv : Pourquoi je chronique ? J’me le demande ou plutôt je ne me pose pas cette question. Abandonner ? Pour l’instant rien ne me contraint à le faire et cela n’a rien à voir avec une quelconque lassitude provoquée par la scène ni avec la qualité des disques, ni avec le poil dur dans ma main. Si tu te laisses déstabiliser à chaque question existentielle et que tu passes ton temps à te remettre en question, bah au final tu ne foutras pas grand-chose voire rien du tout. Tu te fixes des objectifs et tu avances. Et puis si la vie n’était pas un combat permanant envers soi et le monde qui t’entoure, ça ne vaudrait pas la peine de vivre passé les 20 ans, allez mes chers black metalleux suicidaires, il faut y aller maintenant. Je chronique parce que je le sens bien ainsi, je ne me suis pas autoproclamé un soir d’ennui après une cuite à la sangria.
Alexis : Pourquoi est-ce que je chronique... Bonne question ! Je suis quelqu’un d’assez bavard, qui plus est en métal, et ayant peu de relations qui écoutent du métal, je pense que c’est une sorte d’exutoire pour tailler le bout de gras avec des personnes écoutant du métal (même si les chroniques sont souvent un long monologue). Mais je pense que si l’ami (avec lequel j’ai créé U-zine) n’aurait pas voulu monter le zine, jamais je n’aurais eu l’idée de créer un webzine. Cependant j’en aurais sûrement intégré un (Thrashocore ?). Pour ce qui est de vouloir arrêter, oh que oui ! Ca doit m’arriver plusieurs fois par an à des degrés différents. Il y a plusieurs raisons : remise en question sur ses goûts musicaux, remise en question sur l’orientation du site, du travail de l’équipe, de l’implication des membres, etc. Et surtout le « Je reçois plein de promos mais seulement 10% sont de mon style de prédilection » !
G : Quand on est chroniqueur, on est sur la ligne de front. Les groupes, les labels, les lecteurs même essaient de nous foutre la pression, ils espèrent que la chronique sera bonne évidemment. Et quand ce n'est pas le cas – j'ai déjà eu des menaces sérieuses parce que j'avais « mal » noté certaines releases – on se fait tirer dessus si l'on peut dire... Comment prenez-vous la chose ? Ca fait partie du jeu ?
Gabsk : On évite de recevoir des promos pour éviter de se faire emmerder ! Non mais !!! Si le lecteur n’aime pas, qu’il ne revienne plus !
Chris : Perso je ne me suis jamais fait engueuler par un label pour des chroniques négatives, pourtant il y en a eu pas mal... y’a même un label qui nous as dit s’en foutre de savoir si la kro est bien écrite, si elle est positive ou pas, tant que la kro tombait dans les temps impartis pour faire la promo de l’album... c’est plus les petits groupes qui prennent souvent mal la critique, je peux les comprendre et souvent on est moins regardant sur certaines choses et on fait d’abord tout pour parler du positif mais bon... J’ai déjà reçu quelques mails pas sympas.
Jim : Aucune pression puisque que 95% des trucs chroniqués proviennent de mes achats personnels, de trades ou de prêts, donc de ce côté-là pas de problème. D’ailleurs un message aux groupes qui lisent l’interview ne m’envoyez pas votre matos j’ai un poids promotionnel minuscule, les fanzines c’est ringard envoyez votre matos promo aux webzines et autres magazines, payez une page de pub et ils vous lècheront bien les couilles en plus. Alors évidemment, mes kros font peut-être sursauter certains mais c’est juste un avis personnel, mes kros ne sont pas parole d’évangile, on peut ne pas être d’accord, dire que je suis un connard, que je n’y connais rien, je m’en tape. Et puis je chronique surtout des releases qui me plaisent avant tout et quelques daubes à l’occasion si j’ai l’inspiration.
Venom : Bells of Armageddon n'a aucun contact avec les labels ou les groupes. Donc aucun souci là-dessus. Maintenant, si quelqu'un n'est pas d'accord, il fait sa contre-chronique.
PdL : C'est inclus dans le double fond de la valise d'accueil du chroniqueur. Les insultes ne sont pas évidentes à accepter au départ. Comme je ne côtoie pas le milieu métal et ne fais que croiser "la scène", je ne subis que des insultes virtuelles souvent puériles. Après les premières bordées, ça glisse comme des gouttes sur de la toile cirée. A une heure où le nombre de sorties est délirant, il est obligatoire de faire du tri. On ne peut pas tout aimer et ce n'est que notre avis personnel qui est exprimé. "Tu n'aimes pas ma chronique ? Pourquoi tu m'as envoyé ton album ?". Je n'ai encore jamais eu de menaces sérieuses, mais c'est vraiment un raisonnement de bas-de-plafond de faire ça. Un groupe ou un label doit savoir accepter la critique négative autant que la positive, même si tout le monde est conscient que l'énergie consommée a été grande. De toute façon, ça fait de l'exposition et donc de la pub. Niveau pression, les labels ou les groupes exigent également qu'on chronique vite. Soupir...
Oliiv : On est pas sur un champ de bataille non plus, même si ça peut arriver qu’on est envie de se foutre sur la gueule car on est très tatillon sur les règles et les codes à adopter dans le Metal, on en fait même des études socio, anthro, scatologiques de nos jours, tu te rends compte ? Et par un prêtre qui plus est, pourquoi pas un rabbin me demandes-tu ? Pourquoi pas un jour, n’est-ce pas ? Toujours est-il que le véritable combat est là, si tu cherches à tout prix des boucs émissaires, ou des têtes à claques. Le vulgaire chroniqueur n’est finalement pas grand-chose dans la relation fan-artiste, un musicien frustré pour certain, un maître chieur dans l’indifférence pour d’autres. Les artistes s’en branlent un peu de notre existence, et lecteur pense qu’on pourra les aider, alors que franchement, de nos jours, avec une bonne connexion internet, et un blog, je me demande à quoi le chroniqueur peut bien servir si ce n’est à divertir. Les pressions comme tu dis, ne viennent pas toujours des plus hautes instances comme on a tendance à le croire mais plutôt des petits organismes, groupes entre autres, qui pensent qu’on est capable de détruire leur vie encore mieux que Satan lui-même. Il n’existe pas de ligue anti-faz à ce jour, donc j’imagine que tout va bien. Il y a parfois eu des gens qui ne comprenaient pas que nous ne puissions pas aller dans leurs sens. On aime cracher dans la soupe, c’est notre fond de commerce, mais de là à dire qu’on s’acharne gratuitement, c’est faux.
Alexis : Oui, ça fait clairement partie du jeu. C’est le rôle de tout journaliste ! Après nos pots de vin sont les albums promos, certes, mais en règle général, il faut (faudrait ?) que les gens acceptent la critique. Mais on se plaint peu de moi car j’ai le jugement rarement très sévère. J’ai eu quelques altercations (dont une fameuse chronique d’Eths) mais sinon rien d’autre de sérieux... Juste des critiques, mais ça, il faut faire avec et surtout ne pas prendre sur soi.
G : Comment procédez-vous pour écrire une chronique ? Vous écoutez d'abord un certain nombre de fois le matos (ou vous y allez directos), vous rédigez un premier jet ou vous écrivez dans la foulée de l'écoute ? Et puis : avez-vous une structure en tête ?
Gabsk : Il faut déjà écouter la musique plusieurs fois, afin de faire le tour de l’enregistrement. Après prendre un peu de recul est très utile pour écrire quelque chose que tu ne regretteras pas dans 6 mois... En général, j’écris d’abord la review sur papier, j’aime le contact brutal du stylo sur la feuille, ça me permet de torturer le papier comme un spartiate en train d’achever son ennemi. Ensuite je laisse reposer un moment, puis je tape tout sur PC. Ca me permet de changer quelques tournures... Puis je laisse encore reposer, et je corrige les fautes et rechange quelques tournures... Mes chroniques ont beau être courtes, ça prend quand même un peu de temps... Un modèle de structure ? Pas spécialement, j’essaie plutôt de faire quelque chose de lisible, qui ne soit pas exclusivement compréhensible que par moi (pas toujours évident avec la confiture morbide que j’insère) donc je fais plus attention à la grammaire, la durée des phrases et autres que le plan de texte...
Chris : Ca dépend bien sûr de l’album, je suis du genre à n’écouter l’album qu’un minimum de fois avant de rédiger ma chronique, et y revenir (ou pas) au dernier moment avant de la publier... il m’est arrivé souvent de publier une chronique après n’avoir écouté qu’une seule fois l’album. Ca peut passer pour du bâclage mais ce n’est pas le cas à mon sens, c’est juste qu’après 500 et quelques chroniques y’a certains groupes que je cerne très vite... et ce ne sont pas les 300 prochaines écoutes en plus qui vont changer quoi que ce soit à la kro. Pour la structure, c’est un classique intro / présentation du contexte et du groupe / développement forces faiblesses / conclusion, avec des parties en suppléments quand l’album en vaut le coup.
Jim : En fait ça dépend du format : un CD ou LP va demander plusieurs écoutes surtout si la durée plafonne à plus de 50 minutes. Après pour une démo ou un EP, quelques écoutes suffisent en général. Je fais tourner le stuff en boucle et je commence à rédiger la chronique. Comme je te l’ai dit plus haut, je la fais en anglais directement ; c’était (et ça l’est encore parfois !) un peu tendu de faire une chronique bien écrite, compréhensible en gardant une petite touche d’humour évidemment tout en décrivant bien la musique. Je fais des retouches des fois surtout au niveau du vocabulaire. J’évite de garder une structure trop répétitive même si j’ai remarqué que certaines chroniques se ressemblent un peu trop dans la forme.
Venom : J'écoute évidemment l'album en boucle. Pour l'écriture, je ne fais aucun plan, j'y vais par les sentiments. Le premier jet est toujours le meilleur.
PdL : Pour faire une réponse bien fuyante, je dirai que ça dépend. Le nombre d'écoutes dépend de la complexité de l'album et de son accroche. Quand l'attraction est là, j'aime faire tourner la galette encore et encore pour tenter de la cerner au mieux. De toute façon, j'écoute chaque album plusieurs fois, en variant les supports et les enceintes, en variant les conditions et les humeurs. Un album qui ne m'accroche pas mérite parfois de reposer un peu avant d'y revenir, histoire de repartir sans attendus ou préjugés. C'est évidemment la partie la plus longue du processus. Pour rédiger, je prends des notes de ce qui me vient à l'esprit sur un carnet que j'emmène partout. Pour certains opus, on peut parfois rédiger une introduction sans écouter quoi que ce soit, racontant les derniers déboires de line-up, l'évènement marquant ou les attendus par rapport à ce nouvel album. J'aime bien commencer par un petit passage introductif pour présenter le groupe, il faut penser au lecteur qui prend le train en route. Après les écoutes et sur la base des notes que je trie, je rédige le texte proprement dit, toujours en écoutant le disque. Je finis ma prose et je la relis le lendemain. Il n'y a pas de recette magique, mais plutôt quelques automatismes glanés au fil du temps. Les chroniques les plus farfelues sont parfois complètement rejetées, mais ça peut être bidonnant à faire. La vraie difficulté réside dans les albums moyens sur lesquels on n'a rien à dire.
Oliiv : Procédé totalement anarchique, et pour certain dénué de sens. Je prends le temps d’écouter le disque plusieurs fois pour essayer de cerner au mieux la musique, le groupe, et d’en tirer des conclusions fidèles à ces écoutes, maintenant si le disque est à chier et me le chant me pète littéralement les burnes comme sur l’album Think This de Toxik, je zappe illico, et cela même si les musiciens ont de super brushing, et sont super doués pour se fringuer. Alors si c’est des manches, c’est encore plus drôle, on rigole un bon coup sur le disque, et on passe à autre chose. Il en va de même si on sent que l’artiste / label se fout de notre gueule d’illuminée avec du subterfuge de branquignoles, après tout le vrai rôle du chroniquer est aussi de flairer l’arnaque.
Alexis : Pour chroniquer un album, j’essaye au moins de l’écouter 5 fois ! C’est pas grand chose, mais en faisant ça pour chaque promo, je vous assure que c’est autant de temps à ne pas écouter d’autres trucs que l’on aime plus. Ensuite j’essaye de noter une dizaine d’idées du style « basse bien prononcée », « production propre et lourd », « alternance de chant remarquable de la part du chant », ... Après, à partir de toutes ces brides de phrases ou idées, je fais une introduction, quelques paragraphes et une conclusion.
G : Quelle est votre opinion sur les auditeurs/lecteurs d'aujourd'hui et d'hier ? Avez-vous déjà eu la satisfaction venant d'un lecteur, qui vous maile pour vous remercier de vous avoir fait découvrir tel release/formation ? Et inversement, avez-vous déjà eu des ennuis avec votre lectorat ?
Gabsk : Ca dépend de ce que tu veux dire par lectorat... Pour moi ce mot sous-entend lecteur habitué, donc je vois mal un habitué, qui lit tes chroniques depuis quelques années soudainement péter un câble, se rendre à l’adresse indiquée dans la section contact avec sa mitrailleuse et tout faire péter ! Soit le mec est un peu maso, soit il mijote sa vengeance de longue date et accumule sa rancœur jusqu’à en faire péter le couvercle... Je reçois de temps en temps des mots doux, mais moins qu’à un moment, peut-être car je fais moins de chroniques, ou que les gens changent, sur cet Internet ou tout semble être un du, voire une obligation de qualité ultime pour certains (comme s’ils étaient des monarques auxquels on devait offrir les distractions les plus parfaites et réjouissantes... Sans dec...). Les lecteurs auditifs et auditeurs visuels d’aujourd’hui sont plus ouverts qu’il y a dix ans, ils écoutent des choses beaucoup plus variées, mais sont également beaucoup moins acharnés... Des « Die hard » il n’y en a plus beaucoup... Et donc ça se ressent à de multiples niveaux, comme le soutien du souterrain, le soutien des groupes autoproduits... Tout le monde se focalise sur les références, face à une masse de musique indigérable car apparemment infinie il faut faire des choix, donc beaucoup ont fait celui de « l’utilité »... C’est peut-être qu’un passage, on verra...
Chris : Bien sûr, je reçois parfois quelques mails qui font plaisir ! Dans l’autre sens, moins maintenant, mais quand j’étais seul avec ma page perso j’ai souvenir d’avoir chroniqué un de mes premiers promos, Burgul Torkhain, je découvrais à la même époque Nile avec In Their Darkened Shrines et j’avais parlé de points communs au niveau des sonorités orientales et d’une certaine technicité... et j’ai eu un mail d’un fou furieux qui a voulu m’expliquer sur quelles gammes on trouvait des sonorités orientales ou pas, et en quoi Nile ou Burgul n’était pas technique de son point de vue... j’ai pas vraiment cherché à lui répondre, mais il m’a marqué celui-là mine de rien...
Jim : L’auditeur/lecteur d’aujourd’hui il écoute/lit des albums/mp3 comme il va au MacDo. C’est tout et tout de suite. Pourquoi irait-il s’emmerder à acheter des CD trop chers ou des magazines/fanzines alors qu’il a tous gratos sur le net ? Il n’a plus qu’à jouer les warriors du net, prendre un pseudo ridicule et polluer tous les forums de ses commentaires merdiques. Pas besoin non plus d’aller voir des concerts, maintenant y a YouTube ou Myfuckingspace où on peut trouver des vidéos de groupes prises au portable, vive les métalleux d’appartement. Celui d’hier, et j’ose espérer que des gars comme ça existent encore, il aime bien avoir l’album en CD ou LP peu importe, il va fouiner chez des disquaires/distros, il va voir des groupes (pas que les gros groupes, même le petit groupe local) et achète la démo ou l’album si ça lui a botté son cul de ventre à bière ! Il passe pas son temps à mettre des commentaires de merde comme sur Violent Pollutions !!! Pour le lectorat, j’ai quelques avis ou opinions, généralement positifs et constructifs donc ça me va. Ca fait toujours plaisir évidemment et je tiens parfois compte de certains conseils pour améliorer mon travail. Si des personnes ont découverts des trucs géniaux, genre Ares Kingdom, Vore, Nerlich ou Diskord suite à la lecture de mes chroniques, c’est cool ! Pas d’ennuis avec mon lectorat ; les mecs ne doivent pas prendre la peine de me dire que mon zine est naze. Il faut peut être que je fasse un forum ?
Venom : Il est évident quand quelqu'un te dit que grâce à toi, il vient de découvrir le groupe qui est en train de bouleverser sa vie, ça fait plaisir. Sinon, je m'en fous.
PdL : Internet est un outil formidable qui offre de belles opportunités. Mais c'est aussi un média qui a permis de donner à chaque con la parole (je le sais, j'y chronique). Le souci est que ce n'est pas le lecteur le plus illuminé qui est le plus présent mais celui qui gueule le plus fort. J'ai l'impression que toute une génération n'a pas appris le respect. Entre le débile qui insulte tout le monde, le turbolol à la grammaire hésitante, le puceau qui te donne des leçons avec deux ans de black au compteur et 100 Go de téléchargement sur le disque dur, la coupe est vite pleine. Mais heureusement ce ne sont pas pour ceux-là qu'on cravache, même s'ils s'expriment beaucoup. Plus motivant, on m'a déjà discrètement remercié ou demandé des conseils. Ca fait toujours plaisir. Il y a aussi une petite bande d'ahuris qui donnent leur avis de manière éclairée et avec qui il est très plaisant de discuter black sur le forum de VS, même si nous sommes loin d'être d'accord. Et c'est tant mieux.
Oliiv : Bah.... les auditeurs d’aujourd’hui seront les acteurs de demain, et ceux d’hier ne sont peut-être plus là pour en témoigner. Je ne constate pas de différences significatives entre l’auditeur de hier et celui d’aujourd’hui, on recherche tous les mêmes sensations, prendre notre pied comme on peut, la seule chose qui diffère c’est que l’auditeur/lecteur peut interagir en donnant son avis sur les chroniques, ce qu’il ne pouvait pas faire il y a encore 15 ans, à part en gueulant bien fort dans le courrier des lecteurs. Pour en revenir à FAZ, peu de retours, pas de mal de bons échos et aussi des moins bons, les avis va et viennent, quelque soit la couleur, je dois dire que c’est toujours encourageant. On préfère la brosse à reluire cela va sans dire, spécialement de la part de nos lectrices... on en a !? Les avis peuvent être « constructifs » à ce qu’on dit. J’estime que chez FAZ, on a suffisamment d’esprit critique, de toute façon, on s’en cogne, on décide où on va, et les lecteurs subissent. Si quelqu’un a découvert un bon groupe par le biais d’une de mes chroniques, j’en suis ravi, le zine aura servi à autre chose qu’à décorer les toilettes, banco Foedus. Encourager et parler des groupes que nous découvrons et que nous aimons par extension, c’est la base de tout zine. Pas vraiment d’ennuis à ma connaissance, des quiproquos certainement mais rapidement réglés ou vite oubliés, ah siii, dernièrement une ligue antifa a chié dans la colle à cause de cette poule mouillée de Corpus Christii qui regrette ses propos d’autrefois. « Vous comprenez, des dates de ma tournée seront annulés car les promoteurs aiment pas le racisme, et blabla... soyez compréhensifs, retirer l’interview, masquer mes propos antisémites, je les pensais pas vraiment. » . Hein ??? Qu’est-ce qui dit ?
Alexis : Etant chroniqueur depuis 3 ans, je ne peux pas vraiment juger les lecteurs d’aujourd’hui et d’hier. Cependant entre le moment où j’ai commencé et maintenant, il y a une différence énorme ! En 2003, nos chroniques avaient un certain intérêt puisqu’elles donnaient ou pas envie aux lecteurs d’acheter tels ou tels albums... Maintenant tout le monde a téléchargé l’album un mois avant la parution de la chronique (même quelques semaines avant la sortie de l’album). Je trouve ça dommage – mais en même temps, c’est bien pour les auditeurs. Cependant, avant on avait un certain privilège avec les promos... Maintenant, je peux plus vraiment dire que c’est le cas avec l’essor du P2P !
G : Vous avez une définition de la chronique ? Pour parodier les Inconnus, quelle est la différence entre une bonne et une mauvaise chronique (ou chroniqueur, c'est comme vous voulez) ?
Gabsk : Pas spécialement. J’aimerais qu’en général chronique rime plus avec critique, mais ça ne risque pas de forcément améliorer les choses... Car il y a également la question de goût, qui fait que tu ne te retrouveras pas forcément plus dans les chroniques du mec etc.
Chris : La chronique c’est un avis (A) donné à un moment (M) par un individu (I). C’est simple : (I) évolue selon un ratio de 1,365, de ce fait (G) (= Goûts) translate sur une échelle (M) jusqu’à un nouveau (A) (que nous appellerons (Z) pour complexifier un peu le concept). En formule simplifié cela donne A = (M x 1.1365/ G). Et je t’épargne la division au cosinus. En français, ça veut dire qu’aucune chronique n’est intemporelle, et que mon avis sur un album peut changer du jour ou lendemain (heureusement c’est rare) ou plutôt sur quelques années, car les goûts évoluent... donc une chronique reste un avis à un moment donné, totalement subjectif, et les commentaires des kros sont là pour apporter d’autres éclairages toujours intéressants sur tel ou tel album.
Jim : Ah, ah excellent ! Alors la mauvaise chronique, tu vois, le gars il écrit... mais c’est une mauvaise chronique tu vois. La bonne chronique par contre, le gars, il écrit, mais c’est pas pareil... c’est une bonne chronique. C’est comme le bon et le mauvais Hard Rock ! J’arrête mes conneries : une bonne kro, ça commence par une description de la zic, quelques infos sur le groupe éventuellement, des points de comparaisons mais pas systématiquement, et dire ce qu’on ressent à l’écoute du release. Si c’est un bon truc, il faut donner envie au lecteur d’écouter l’album, la démo ou autre. C’est sans doute le truc le plus difficile. Un peu d’humour à l’occasion, et voilà en gros ma formule. C’est pas la seule c’est clair. La mauvaise chronique ou pour rester poli, la façon de chroniquer que je déteste, c’est les chroniques longues et chiantes : on a l’impression que les mecs se sentent obligés de te ressortir leurs cours de philo ou de dissertation. C’est plus une manie de webzines et ça me gonfle. Remarque ça doit plaire aux warriors du net cités plus haut, il n’ont que ça à foutre en écoutant leurs mp3.
Venom : Dire ce qu'on pense d'un album simplement, sans tomber dans l'imbuvable.
PdL : C'est comme une bonne et une mauvaise question, c'est très subjectif. Théoriquement, une chronique est un billet d'humeur, un commentaire libre, une réflexion sur un sujet et elle implique un avis personnel et une prise de position. Personnellement, j'aime y trouver un avis franc et forcément subjectif, accompagné d'informations plus objectives (label, date de sortie, etc.). Les chroniques ampoulées m'ennuient profondément. Les chroniques de copinage me hérissent. Un chroniqueur "école des fans" n'a également aucun intérêt à mes yeux.
Oliiv : Aucune définition, je ne veux pas me cantonner à une définition, réserve ta question pour le prochain ouvrage anthropologique de chez camion blanc par maître culard de la sorbonnoise en rut. La chronique part d’un gars qui donne son avis dont personne n’a besoin, mais il le fait quand même parce qu’il veut donner un sens à sa vie, faire partie de la famille précisément, même si ce n’est pas le meilleur moyen de se taper les groupies dont personne ne veut. Il le sait, et à ce stade, il est frustré le gars, donc il se dit que tant qu’à faire, autant faire infuser sa science avec suffisamment de style. Le fan parle aux fans, et pas le journaliste apprend aux veaux. Tu ajoutes un organigramme, tu écris trois cents pages avec des intervenants qui se bourrent le mou entre deux échos et si t’as un peu de chance, une maison d’édition se dira qu’une telle connerie mériterait bien d’être publiée. Le fanzine nous permet d’être libre au regard de tout, de tous, et aussi de toutes, on écrit comme on le sent, avec nos pieds si ça nous chante, la bonne chronique, l’idéale donc, c’est justement qu’elle n’existe pas encore.
Alexis : Je n’ai pas vraiment de définition mais la chronique doit informer le lecteur sur la musique du groupe, les éventuels changements, un avis sur le rendu final tout en restant objectif. La bonne chronique, je n’ai d’exemple, mais pour la mauvaise chronique, ce sont celles qui détaillent les albums titres par titres (en plus, si c’est par ordre chronologique, c’est la totale !). Je trouve ça anti-journalistique. Ca informe certes, mais c’est chiant à lire...
G : Quelle est votre meilleure chronique, et celle dont vous avez le plus honte ?
Gabsk : Il y en a trop pour vraiment avoir une préférence... J’ai dépassé les 1500 chroniques sur le webzine... Disons que j’ai une préférence pour les chroniques que je faisais il y a quelques années, elles étaient plus longues, plus brutales et cherchaient bien plus loin dans le délire Death Metal bien morbide, avec un enchevêtrement d’abominations stylistiques cohérentes entres elles... En ce moment je suis un peu plus branché par (attention, espace publicitaire !) la composition de mes morceaux de Glaukom Synod, donc les chroniques cherchent un peu moins loin... Pas vraiment de chroniques qui me foutent la honte, mais y’a quelques années j’ai sorti un zine avec des chroniques vraiment très courtes, qui ne disaient pas grand chose en fait... Pour casser c’est toujours mieux d’argumenter ahah, mais bon cette affaire a bientôt 10 ans...
Chris : Ma meilleure chronique est sans doute l’une de celles de mes albums cultes, à voir entre Projector ou The Gallery de Dark Tranquillity, Colony d’In Flames ou Destroy the Opposition de Dying Fetus, car j’ai le sentiment d’y avoir vraiment mis tout ce que je pouvais avoir à dire sur ces albums. C’est dans le genre sérieux, car je suis assez fan également de mes chroniques à la con, une de nos spécialités (on a 3 dossiers et bientôt 4 là-dessus), et alors tu peux dire que j’ai honte de la plupart d’entre elles, qui sont bâties sur le concept de dire le plus de conneries possibles histoire d’éviter d’avoir à parler d’un album qui saoule... et ça nous fait marrer !
Jim : Houlà, difficile à dire ! La meilleure, je dirai celle du Hail infernal darkness de Drawn And Quartered, dans le 2è PE. Celle dont j’ai le plus honte : Temple of whore de Flesh. En gros, je dis que l’album est moyen est en-dessous du premier mais finalement après coup je le trouve terrible plus je l’écoute. Je regrette donc d’en avoir fait une chronique aussi minable.
Venom : J'en ai aucune idée, et je m'en fous d'ailleurs. Je ne relis jamais ce que j'ai écrit, et je passe tout de suite à autre chose.
PdL : Je pense avoir raté la chronique de Cocaine de (V.E.G.A.). Non pas sur le fond, car je trouve toujours cet album très bidon. Par contre, sur la forme, je manquais d'infos et, du coup, je me suis bien marré à écrire un texte assez idiot. Mais c'est vrai qu'avec le recul, elle n'est pas super drôle. Bah, ça arrive. Je me suis fait un peu allumer à l'époque, c'était mérité. Une bonne chronique ? Toutes les autres, non ? Comment ça "non" ?
Oliiv : Aucune idée, je suis mon plus mauvais lecteur. Déjà que j’ai un redac’chef prêt à me sauter à la gorge à la moindre faute, il égorge à la rature, tu vois le truc ? Je ne vais pas non plus lui donner le bâton pour me faire battre.
Alexis : La meilleure... Toutes, voyons. Non, je n’ai pas de meilleure (même si j’aime bien celles de mes groupes préférés où, logiquement, je m’applique plus). Pour celle où j’ai le plus honte, ce doit être celle du premier album d’Eths. Je m’explique : en gros, j’avais incendié Candice (la chanteuse) et j’ai eu sur le dos une foule de fans insurgés contre ma chronique. Ils critiquaient aussi ma façon d’écrire (c’était probablement la deuxième chronique d’un album promo, donc un album que je ne connaissais pas)... Mais je faisais le sourd d’oreille concernant leurs critiques de mon écriture car je me disais qu’ils m’insultaient et trouvaient des arguments bidons pour me tailler en pièces. Sauf que quelques mois/années après, j’ai rejeté un coup d’œil à cette fameuse chronique et là, je me suis rendu compte que mon niveau d’écriture était médiocre. Je me suis donc empressé de modifier ça... Voilà pour l’histoire !
G : Inversement, quelle est la meilleure et la pire que vous ayez lues ?
Gabsk : Idem, depuis que j’écoute du métal j’ai toujours lu beaucoup de zines, de magazines et maintenant de webzines, donc les chroniqueurs qui ne me plaisent pas, j’ai appris à les éviter (Heureusement, il y’aurait de quoi péter les plombs) mais je t’avouerais, sans rien révéler de bien neuf, que je garde en mémoire les exploits chroniquateurs (NdG : chroniquatoires non ?) de Metallian, en mal évidemment... J’aimais beaucoup les chroniques du zine Liquid Of Life qui m’a d’ailleurs bien influencé... C’était spécialisé Death Metal, Brutal Death et ça allait droit à l’essentiel, et droit dans le lard quand il pensait bien faire...
Chris : Pas sur Thrasho (impossible !!! lol) pour la pire, juste vu des chroniques sur d’autres webzines qui se résument à écrire 3 lignes sans connaître le groupe... ça me tue, surtout quand j’adore personnellement le groupe ! Mais bon j’ai l’impression que maintenant l’ensemble des webzines français est nivelé vers le haut niveau chroniques, et les petits webzines un peu bateau créés pour gratter des promos ont épurés leurs rangs pour atteindre un niveau acceptable de rédaction. La meilleure ? J’avoue que bien des chroniques de $am, notre chroniqueur zoophile, me font mourir de rire... rien à faire je suis fan, de ses chroniques je précise, pas de ses mœurs sexuels qui ne regardent que lui et son fournisseur de caniches...
Jim : Ah c’est dans Mutilating Process zine #1 où Nathaniel massacre des groupes avec un certain style. Allez je vous met un extrait bande de chanceux que vous êtes :
YWOLF – Trilogy of the night – Adipocere 2002_ARGH!!! Mais c’est que ça doit bien savoir sucer des bites chez YWOLF pour réussir à être signé et distribuer sa merde pour gangrener une scène déjà pas en super forme. Bordel cette daube n’est absolument pas métal. C’est du gros gothos pourrave pseudo dark de mes deux qui nous passe la couche de gros Bontempi histoire de réveiller la chauve souris qui est en nous...C’est composé horriblement ! Bordel si vous voulez de la musique non métal vraiment obscure, alors écoutez du Pierre Boulez ou du Theodorakis mais pas cette chiotte. Franchement Adipocère reste une énigme pour moi...Arrêtez de vous plaindre que vous perdez de la thune. Forcément si vous vous obstinez à signer des groupes dont personne ne veut, non pas parce qu’ils sont incompris, mais bien parce qu’ils sont pourraves, c’est pas la peine de chialer. POUBELLE !!! Ce truc est un attentat au métal et n’a rien à foutre dans ces pages. Et ne me faites pas le coup du chroniqueur qui est tombé sur un style qu’il n’aimait pas et qui n’y comprend rien...YWOLF est une honte, une merde sans nom qui irait même jusqu’à emmerder le plus poseur de tous les gothos tellement c’est chiant et plat.
Ah c’est pas dans nos beaux webzines actuels et politiquement corrects qu’on lirait des trucs comme ça, hein ? Et oui, faut pas vexer les labels sinon on reçoit plus les CD promos. La pire je ne sais pas, disons que souvent je suis en désaccord avec la chronique...Ah si l’autre charlot de Goregurgler webzine qui fait des chroniques Brutal Death interchangeables et puis qui du jour au lendemain se met au death old school... pfff quel guignol !
Venom : Je ne lis jamais les chroniques des autres ; surtout sur internet. Cette course au Prix Goncourt de la chronique m'agace.
PdL : Je ne lis que rarement les chroniques des autres. Je discute plutôt avec mes connaissances qui ont le bon goût de ne pas être chroniqueur. Et souvent je chasse la découverte en solitaire tel le gros loup.
Oliiv : Bah là non plus j’en sais trop rien, j’aime beaucoup les chroniques de la Sentinelle et de In Extremis, après j’ai lu de bonnes chroniques en Anglais dans Vomitose, Necromaniac dernièrement, les mecs (enfin la nana dans le cas de Vomitose) sont capables de décortiquer l’album avec pertinence sans se le raconter, décrypter la musique grâce à leur expérience d’auditeur. C’est la parole de l’expert, on se tait et on écoute. Les mauvaises... ? Celles qui sonnent fausses après deux lignes ? Je n’arrive jamais au bout, donc n’en parlons pas, la note me suffit.
Alexis : J’en ai pas qui me viennent à l’esprit mais rien ne vaut un chroniqueur qui chronique un style qu’il ne connaît pas ou n’aime pas (sachant que ça m’est déjà arrivé).
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