 Judas Iscariot is Dead, Long Live to Judas Iscariot !
A l'instar d'un Tsjuder, cela me fait mal quelque part de savoir que Judas Iscariot, le plus grand combo d'USBM qui fut, a lui aussi arrêté de vivre, en 2002 dix ans après sa création. J.I, comme on l'abrège, fut une entité unique, avec une âme, une haine, des ambiances, des riffs typiques de son auteur, reconnaissables entre mille autres et qu'aucune autre personne qu'Andrew Harris – le Judas Iscariot donc en question, si vous n'avez pas suivi – n'aurait pu/su produire. On a dit que le bonhomme était un modèle d'intégrité, en un sens, oui. Mais il a su évoluer, certes difficilement, pour se montrer de plus en plus agressif au fil des disques. Il a failli tomber de nombreuses fois dans la répétition également – c'est aussi pour cela qu'il est si facilement identifiable. Bref, il n'empêche qu'avec To Embrace the Corpses Bleeding, le monstrueux dernier skeud en date de Judas Iscariot, Harris foutait un grand coup de pied dans le cul de ses compères avant de se faire la malle.
Car le full-length est foutrement brutal, tout en tension, maléfique – les riffs d'Akhenaten/Harris sont agressifs et déprimants par nature – avec une batterie qui ne cesse de bourriner, avec bon sens d'ailleurs. La batterie n'avait jamais été son fort, il se fait ici aider par un pote. Quant aux riffs, comme je l'ai dit, ils sont ce qu'ils sont, ce qu'IL est, avec ceci qu'Harris a le don de la "mélodie", du truc qui accroche et qui vous fait dire aussitôt : "putain c'est trop bon". Du Judas Iscariot, j'en boufferais tous les jours, tant c'est bon. Pour aller de pair, la prod’ encore grésillante est tout de même bien plus puissante qu'auparavant – on pensera à la minimale et froide prod’ d'Heaven in Flames par exemple – et les titres, plus facilement mémorisables, taillés sur pièce pour la scène. J'imagine comme le premier titre, I Awoke to A Night of Pain and Carnage, épique, tragique et dévastateur – j'attends de voir quel groupe aujourd'hui le reprendra sur scène – doit tout massacrer sur scène... Avec ses samples d'orage, Harris nous plonge dans la tempête, dans les ténèbres et l'horreur... Un délice, à l'image du reste. Les autres titres sont tous des tubes, inoubliables : comme dans chaque album d'ailleurs, Harris en tant que Nietzschéen affirmé et qu'artiste perfectionniste, n'a gardé que le nectar de son travail, quasi irréprochable, pour terminer une aventure que l'on regrettera amèrement. Exemplaire. Indispensable.
Si vous avez lu jusqu'au bout cette chronique, c'est que vous venez de lire ma trois centième chronique sur Darkmag... Merci aux lecteurs anciens qui me lisent depuis décembre 2004 (première chronique en ligne : Mithras - Worlds Beyond the Veil) et aux nouveaux, qui apprennent à me connaître... Merci évidemment à l'équipe - qui a besoin de renforts ! - et qui m'a fait confiance jusqu’ici.
Verdict :
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