 Enfin un nouvel album pour le groupe breton réduit pour l’occasion à Loïc Cellier, fondateur du groupe, qui a fait un grand nettoyage tant au niveau du son et des compos que dans tout ce qui gravite autour du groupe, à savoir le line-up et le label. Primo, nettoyage par le vide : pour l’enregistrement du CD, tout a été fait par le sieur Cellier, même la batterie les cocos ! Ensuite exit Adipocere, bienvenue à Northern Silence. Même si le choix du label n’apporte rien à l’album en soi, hormis une réelle distribution hors de l’hexagone, il serait temps, cela est réjouissant.
Ce CD n’est pas un album en tant que tel même si l’unité sonore lie les titres entre eux, la différence entre les deux parties est tout de même notable. Je me souviens que le projet de réenregistrer Allégorie d’une souffrance était dans les tuyaux bien avant la sortie de Chants de bataille, et devait même en être un bonus du temps de Sacral. Je ne suis pas un fervent partisan de faire du neuf avec du vieux, mais la relecture de la démo demeure intéressante. À la base le grain sale de la production originelle donnait un caché sombre qui renforçait la mélancolie des ambiances et ajoutait la touche mystérieuse du black crasseux et obscur. Le son maintenant surpuissant (toujours Loïc derrière les manettes) enrichit considérablement les atmosphères et ce que les titres perdent en mélancolie ils le gagnent en fureur. Quelques riffs sont tournés d’une façon différente, ce qui peut choquer l’oreille du fan averti (c’est mon cas pour l’entrée de Funeste et hivernal). Mais quel plaisir de retrouver la touche du vieux Belenos dans lequel le côté pagan n’était que ponctuel.
La seconde partie a été la claque totale car c’est là que le groupe montre son nouveau visage, vraiment lavé des impuretés pagan. La barre est d’entrée de jeu placée très haute avec un magistral Barrad Du qui brasse des ambiances épiques, tragiques et surtout ultra bourrines. Un des meilleurs titres du groupe qui se renouvelle au niveau de la construction de ses structures et qui balance toujours des riffs monstrueux, sans parler des guitares lead excellentes. Les titres suivants vont enfoncer encore plus profond le clou, toujours avec des riffs excellents et surtout, le truc bandant, c’est que les parties mélancoliques refont leur apparition renouant avec le point fort du groupe à ses débuts. Je rassure les pagans urbains, les parties acoustiques et autres choeurs sont encore présents même si ce n’est plus que du ponctuel.
Belenos est bien présent, en forme, malgré des aléas qui ont achevé plus d’un groupe, et montre là que non seulement il va durer mais qu’en plus il est toujours prêt à botter des culs. Indispensable !
Verdict :
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