 Le fond et la forme... Ceci n’est pas le futur sujet de philo du bac, mais bien un qualificatif qui correspond parfaitement à cette nouvelle offrande de Sombre Présage. En effet combien de groupes délivrent une musique exceptionnelle, mais dans un packaging abominable ? A l’opposé, énormément de groupes misent tout sur l’apparence, un livret magnifique, pour masquer un manque cruel et flagrant de génie et de personnalité... Je préfère évidemment la première catégorie, la musique devant passer avant toute chose. Mais lorsqu’un groupe réussit à allier les deux avec autant de perfection, on est obligé de le mentionner. Je ne vais pas m’éterniser sur l’objet en lui-même, mais le coffret dans lequel se trouve le MCD est tout simplement magnifique, très inspiré (coffret en bois, avec icônes religieuses en fond) et parfaitement réalisé.
Mais la note de 5 que je mets à Errance ne vient pas uniquement du très beau packaging (même si ça y participe). Car si la forme est superbe, le fond est absolument parfait ! Voxum poursuit l’évolution de sa chose, repoussant toujours l’expérimentation dans ses derniers retranchements. La musique de Sombre Présage pouvait se qualifier auparavant comme un drone teinté d’un esprit black, pour un rendu très morbide, froid, humide et malsain. Avec Errance, Voxum entre dans une nouvelle ère, plus orientée dark-ambient, tout en gardant un esprit résolument sombre et glacial.
La musique devient plus spatiale, à l’image d’un Inade ou d’un Lustmord. Alors qu’on avait avant l’impression d’arpenter de longs souterrains humides, on se retrouve ici transporté dans l’immensité du cosmos. La musique était auparavant oppressante, elle est maintenant une libération sur l’infini, les sonorités nous emportant littéralement dans les profondeurs de l’univers. Les basses sont monstrueuses, le rythme très lent, doomesque, les larsens et nappes de claviers s’étirant sans fin, et les vocaux de Necron sont noyés dans l’ensemble. Pour tout dire, à la première écoute je ne les avais même pas entendus. Il m’en a fallu beaucoup d’autres avant de pouvoir les discerner au milieu de ce maelström, les vocaux étant en fait de longues complaintes n’ayant plus grand-chose d’humain...
Je retrouve à travers cette musique le côté torturé d’un Blut Aus Nord, période MoRT. Vinterriket me vient aussi à l’esprit sur certains passages, notamment la fin du morceau Errance. Mais je trouve réducteur de citer ces illustres références, car Voxum arrive à mélanger le tout pour créer un style personnel et extrêmement riche.
Sombre Présage se réinvente avec ce MCD. Ceux qui sont hermétiques aux sonorités drone ou ambient seront toujours incapables de comprendre la richesse de cette musique. Pour les autres, il s’agit d’une véritable offrande, un voyage ritualiste dans les confins du cosmos. Je ne sais pas si Voxum poursuivra à l’avenir dans cette voie, mais avec Errance, il signe à mes yeux sa plus belle réalisation.
Verdict :
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