 Je ne donnais pas cher à cet album avant même de l’avoir reçu. En cause, l’ancienne signature avec CCP le label qui infeste l’UG de productions toutes plus dispensables et méprisables les unes que les autres, et plus récemment l’arrivée sur Occultum Productions qui n’a pas meilleure presse (pour ma part je resterai neutre vis-à-vis de ce label). C’est tout de même laid les a priori, et c’est sans problème qu’ils ont tous sauté.
Gergovia qu’est-ce que c’est ? C’est un one man band pratiquant un black à forte tendance pagan, avec une réelle volonté d’insuffler à sa musique un souffle épique et mélancolique sans mettre à la benne l’aspect agressif et purement metal du black. Peu de passages pagan au final, malgré un titre fortement inspiré tant au niveau des riffs que de l’atmosphère par Himinbjorg avec Bruit de bottes, quelques choeurs (chantés par Damien de Furia) manquant un peu de puissance à mon goût, de l’acoustique qui reste anecdotique (on évite de s’endormir comme ça) et des synthés ajoutés avec parcimonie qui renforcent les ambiances sombres et mélancoliques, leur place étant en phase avec le reste. La grande force du groupe ce sont les riffs puissants et les ambiances, l’apogée de l’album étant ce putain de titre Terres Brûlées qui en quelques 8 minutes remet à plat les notions de puissance et de haine. Les compositions restent majoritairement convaincantes et tout semble bien en place, par contre ce qui reste assez frustrant c’est la production qui par moment est assez brouillonne : l’excellent solo de Terres brûlées trop fondu dans la masse sans en ressortir clairement malgré sa grande qualité ; la batterie trop synthétique, gênant lors des descentes (les blasts passent bien par contre) mais qui devient un point fort sur les cymbales avec cet effet entêtant et indus rappelant un son d’arme automatique. Mention spéciale au chanteur qui pousse des hurlements effroyablement longs et dignes de Tsatthoggua, mais dommage que les textes beuglés ne soient pas souvent plus nuancés, restant trop souvent dans la thématique guerrière assez basique – des fois ça passe (Terres Brûlées) des fois moins (Nouvelle ère).
Quelques points à améliorer donc mais globalement une bonne claque, dont l’écoute sinon l’achat se justifie ne serait-ce que par ce fabuleux titre 5. C’est bon d’être totalement subjectif parfois.
Verdict :
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