 L'annonce du grand nettoyage de printemps dans le line-up avait surpris pas mal de monde, mais je pense que ce n'était rien à côté de ce qu'a pu susciter ce nouvel album. Les anciens Korum sonnaient de manière technique, mêlant passages syncopés à d'autres plus bourrins, le tout emmené par un chanteur brassant du hurlement hardcore jusqu'à des voix plus grasses. Voilà les souvenirs que je peux avoir de ce groupe, et à l'écoute du présent album, nul doute que la prise de risque a été assez énorme.
La bio donne un avant-goût plutôt précis de ce qui attend l'auditeur : voix de bluesman (qui aurait bu litres de whisky et qui aurait commencé le cigare à 12 ans) et musique torturée (les groupes mentionnés ne figurent hélas pas à ma playlist). La voix est très originale, pour ne pas dire spéciale, et le problème est que tout le monde va s'axer là-dessus de prime abord. Mi chantée, mi braillée j'avoue que sa modulation m'a paru incongrue, mais au final je ne peux même pas imaginer l'album avec un autre type de voix. Concernant la musique, effectivement c'est torturé mais pas dans un sens structurel ; c'est dans les ambiances et mélodies que se ressent cette torture. Pas de démonstration de technique (on les en remercie) mais les amateurs se délecteront des arrangements assez terribles, notamment à la batterie où on retrouve Gaël Ferret (également marteleur chez Misanthrope). Je pense que les zicos se font quand même bien plaisir, mais peut-être que des structures légèrement plus complexes auraient été les bienvenues. Certains (courts) passages, deux à vrai dire, m'ont fait office de remplissage, cassant la dynamique des morceaux, avec un riff basique répété un peu trop longtemps. Pour en finir avec les points négatifs, il m'a semblé que la gratte était un peu trop avant, mais apparemment le mastering du promo serait moins bon que celui de l'album. Une des forces de l'album est cette grande homogénéité d'ambiances, avec des titres s'enchaînant rapidement, donnant réellement l'impression d'écouter un album, et non pas une succession de titres (ceux qui écoutent des vinyls comprendront). Leur dernier morceau ambiant ne m'a pas paru détonner avec le reste, tant l'espèce de sentiment maladif dégagé correspond au reste.
Je pense que cet album nécessite plusieurs écoutes attentives et ne mérite pas vraiment les critiques assassines que j'ai pu entendre. J'espère même que le groupe poursuivra ce qu'il vient d'entamer ici, en allant encore plus dans cette voie.
Verdict :
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