 C’est un plaisir d’écrire sur les choses que l’on aime, qui vous passionnent, vous prennent aux tripes. Vous avez envie de les faire partager et a fortiori - quand la chronique sera bonne - de convaincre le lecteur de découvrir avec les mêmes yeux que vous le chef d’œuvre que vous croyez posséder. Une oeuvre qui vous prend à la gorge bien sûr est encore plus savoureuse. Heaven In Flames a toujours eu une place privilégiée dans ma discothèque. Régulièrement, quand je n’écoute pas d’albums (c’est-à-dire quand je sors de chez moi), de la musique me vient. Judas Iscariot vient souvent me hanter. C’est un fait que chacun connaît ; c’est dire qu’il va m’être difficile d’être objectif... C’est avec cet album que j’ai découvert Akhenaten (car faut-il vraiment parler d’un groupe "Judas Iscariot" ?) et son monde de terreur, sa noirceur sourde, sa tendance à la destruction maîtrisée et aux ambiances misanthropiques et apocalyptiques – sa toute-puissance Nietzschéenne. Le personnage est hors du commun, son œuvre l’est donc tout autant. En réalité, les groupes que j’admire le plus sont le plus souvent des one-man-band comme celui-ci. Ou des groupes où, au final, seul un membre compose et mène la barque sur le Styx...
Cet aparté terminé, l’album en lui-même reste atypique dans la carrière du groupe, étant donné sa production et l’importance accordée aux ambiances, à la partie rythmique et saupoudrage de synthé étonnant et bienvenu car utile. En effet, tout l’album est plongé dans une sorte de son un peu réduit, sourd. Chaque instrument reste audible certes mais l’ensemble a, finalement, ce groove de vieux rock que les plus anciens Hell’s Angels écoutent. C’est un bon "son garage" je trouve. Bref : le premier titre, An Eternal Kingdom of Fire s’ouvre donc très rapidement, avec un blast beat linéaire, au son intéressant, qui ne saoule pas étant donné que les riffs misanthropiques accompagnent très bien la batterie – avec, diaphane, une légère nappe d’orgue. Puis la voix chantée-parlée se pose : tout est compréhensible. Lors du break, le chœur s’élève... Majestueux. Ce morceau à lui seul vaut l’achat de la galette.
S’ensuit le célèbre Gaze Upon Heaven in Flames avec ses riffs monstrueux, facilement mémorisables et très "fin de siècle". C’est-à-dire qu’Akhenaten arrive exactement à ce qu’il veut - cet album sonne vraiment comme l’opus du Déclin, de la Chute, des Ruines... "Heaven in Flames... From the Ashes of Extermination to the Ruins of a Fallen Kingdom" décrit la pochette. Je ne peux mieux faire ! Le troisième titre est mid-tempo, épique, tragique, mystique même, avec chœur (synthétique) en fond ; j’adore. On repart avec la purée dans le quatrième, avec cette voix et cette batterie, rapide et qui pourtant, reste en retrait. Le travail sur la rythmique est vraiment excellent et les parties synthés, juste suffisantes, se digèrent facilement. Suit le fabuleux From Hateful Visions, mid-tempo, avec ses riffs bien faits, le truc qui vous fait taper du pied (enfin ça je le fais très facilement). Motörhead aurait pu le faire ! Le suivant revient aux "blasts" si l’on veut. Les riffs sont encore une fois très bien faits. Ca passe tout seul... Ce Spill the Blood of the Lamb sera revu à la hausse sur l’album Dethroned... un an plus tard... Finalement An Ancient Starry Sky, morceau instrumental, clôt d’une manière tragique l’album, en point d’orgue tragique et mortifère...
Un opus cohérent, carré – à l’Est de l’Est de l’œuvre de ce groupe. Surprenant. C’est ce qui en fait certainement son charme. A écouter sans modération donc, ou à oublier.
Verdict :
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